PROJETS CONNEXES
Ces projets se sont développés en marge des séries principales. Ils partent de situations concrètes, parfois personnelles, parfois déjà chargées d’histoire. Des archives incomplètes, des images existantes, des récits fragmentaires. Le travail consiste surtout à regarder ce qui manque, ce qui résiste, ce qui ne se donne pas d’un seul coup.
Le temps y agit comme un filtre. Il transforme les images, déplace les récits, rend visibles certaines choses tout en masquant d’autres. L’image n’affirme pas : elle maintient une hésitation, un léger trouble, entre ce qui est montré et ce qui reste hors champ.
Ces projets annexes prolongent les séries principales par un versant plus discret, plus proche, où les mêmes questions apparaissent à bas bruit.
Généalogie
Ce projet est né d’une enquête généalogique réelle, menée à partir d’archives et de recherches patientes. Il s’est construit autour d’une figure absente, longtemps introuvable, qui rendait toute remontée familiale impossible. Les images et les textes accompagnent cette recherche, entre traces documentaires et zones d’ombre.
Éternité
Ce projet s’attache à des objets et à de petites scènes du quotidien : coins de pièces, photographies, tableaux, bibelots. Pris au fil des visites, ces fragments d’espaces de vie dessinent une mémoire silencieuse, faite de présences discrètes et de temps suspendu.
Déracinement
À partir d’images de presse représentant des personnes migrantes, ce projet expérimente une technique de transfert sur plaque de gel. En modifiant leur support et leur lisibilité, les images perdent leur immédiateté et invitent à un regard plus lent, plus attentif.
Altérations
Les plaques de la série Altérations sont réalisées à partir de photographies de fragments du corps : mains, peau, plis, signes du vieillissement. Ces images sont ensuite retravaillées numériquement avant d’être gravées au laser sur des plaques de résine minérale coulées à la main.
La gravure ne constitue pas l’image finale. Elle produit une micro-topographie de surface destinée à retenir des pigments pulvérulents déposés manuellement en plusieurs couches successives. Le pinceau agit ici moins comme un outil de dessin que comme un révélateur. Le pigment est ensuite redistribué, essuyé, égalisé par la main selon des gestes issus de la gravure et de l’essuyage des plaques en taille-douce.
Les vieilles jeunes filles
Je suis parti de vieilles photographies trouvées, que j’ai gravées au laser sur des plaques de résine.
J’ai coulé la résine. Après la gravure, j’ai déposé différents pigments au pinceau sec. Chaque plaque a réagi à sa manière : certaines ont pris les pigments plus que d’autres, certaines sont devenues brillantes, presque réfléchissantes, et le laser n’a parfois pas accroché partout.
Avant la preuve
De faux fossiles prennent les apparences de spécimens scientifiques, tandis qu’une seconde série brouille progressivement leur lisibilité.
Le parcours se termine avec l’image d’un nodule fermé : quelque chose peut être contenu à l’intérieur, mais pour le découvrir il faudrait le détruire.
Entre hypothèse, identification et incertitude, Avant la preuve propose ainsi un espace où plusieurs interprétations restent possibles avant que le regard ne transforme l’une d’elles en certitude.